Besoin vital

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Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Mer 30 Sep - 21:43

La pluie tombait par grandes cordes, éliminant le peu de lumière que laissaient filtrer les hauts immeubles de cet enchevêtrement de rues noires et sombres. Partout ce n'était que tristesse et désespoir. Partout ce n'était que mort et souffrance.
Et nostalgie.
Une silhouette bien enveloppée dans un manteau mainte et mainte fois raccommodé déambulait dans les ruelles sombres et étroites. Non, elle ne déambulait pas. Elle savait exactement ou elle allait, mais elle trainait, visiblement assailli de souvenirs, douloureux, sanglants. Elle savait parfaitement ou elle allait, elle ne tombait jamais dans un seul cul-de-sac, évitait les ruelles les plus étroites, les plus dangereuses. Elle était chez elle.
Il, a y regarder de plus près. C'était un homme ayant la trentaine environ, un grand blond au yeux marrons. Si il semblait trainer en se coupant du monde, il n'en était rien. Il savait ou il allait. Mais il prenait son temps. Il sortit une cigarette d'une des poches de son manteau, ainsi qu'un petit briquet. Il essaya pendant plusieurs minutes d'allumer la cigarette, avant de la jeter rageusement par terre. Il fut pris de violentes convulsions. Il haletait. Ses convulsions le plièrent en deux. Il jeta un regard chargé de haine vers la cigarette par terre. Un regard meurtrier. Ses convulsions le jetèrent par terre.
Il resta quelques instants en position fœtale, lové sur lui même. Son corps était parcourut de tressaillements. Il était assailli de souvenirs. Puis il sembla se calmer, le contact humide du sol le rafraichissant. Il se releva péniblement. Il devait se dépêcher. Il pressa le pas, le claquement de sa marche rapide perçant le silence de l'étroite ruelle.
Il sentit les tressaillements revenir.
Il devait se dépêcher, il devait se dépêcher.
A l'autre bout de la ruelle une silhouette sombre se détacha. Elle titubait. Un ivrogne. Il se croisèrent.
Les tressaillements devenaient de plus en plus important. L'ivrogne le bouscula. Il se figea. Puis se tourna lentement. A présent il tremblait violemment. Il observa l'ivrogne pendant un bon moment. Il siffla entre ses dents :


"Qu'est-ce que tu viens de faire ? Qu'est-ce t'as fais ?"

L'ivrogne lui jeta un regard marquant son incompréhension. Niklaus, car s'était son nom, lui rendit un regard meurtrier. Dans sa tête défilaient de multiples images. Du sang.
La mort.
Niklaus envoya un violent coup de poing dans la tête de l'ivrogne incrédule. Il sentit son nez craquer. Niklaus hurla, comme si s'était son nez qui s'était cassé. Les tressaillements devinrent convulsions violentes. Il regarda son poing, puis l'ivrogne affalé par terre, le sang tachant la flaque d'eau dans laquelle il était tombé.
Il vomit. Il resta un instant, observant hébété sa bile amère se déversant sur le sol, puis il partit en courant.
Il ne regardait même plus ce qui l'entourait, il courait. Mais il aurait se déplacer dans ces ruelles les yeux fermés. Ses pas le menèrent, encore tout tremblant, devant une petite porte secondaire. La porte menant à une cave. Il se précipita à l'intérieur.
L'humidité suintait des murs, et l'air empestait l'alcool. Un homme vint à sa rencontre. Niklaus se jeta contre le sol. A présent il tremblait si violemment qu'il lui semblait que sa colonne vertébrale était prête à sortir de son dos. Il parla d'une voix faible, essoufflé :


- Tu l'as ? Tu l'as ? Est-ce que tu l'as ?

- Pas de panique mec ! T'inquiètes je l'ai.

Niklaus se rua sur le dealer et l'attrapa par le col :

- Donnes la moi... donnes la moi !

- Ok mec ! Lâches moi ! Putain t'es pas un client facile !

- DONNES !!!

Le dealer sortit tout un tas de sachets contenant diverses poudres, des clopes et tout un tas d'autres trucs pas vraiment légales. Niklaus les attrapa et s'empressa de se mettre en sniffer la drogue. Il laissa la sensation de chaleur éphémère déferler sur lui. Il ferma les yeux et se laissa allez contre le mur. Au bout d'un long moment, il abandonna à regrets la sensation de plaisir.

Seul moyen d'échapper à ce monde...

Il remercia le dealeur et sortit. Il se sentait apaisé. Il savait que les tressaillements ne le reprendraient pas tout de suite. Il était tranquille pour un bon bout de temps, en pouvant se contenter de cigarettes. Il s'éloigna un peu. La pluie avait cessé, mais le ciel était toujours obscurcit par de multiples nuages. Il se posa contre un mur et s'alluma une clope.
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Re: Besoin vital

Message par Henrika Hazelbach le Jeu 1 Oct - 22:23

Laissant mes pas décidés pour moi, je déambulais dans les rues des bas-quartiers. Etant chez moi, je n'étais pas étonnée par les âmes rodant sur les pavés de la sombre cité. Habituée à l'atmosphère de cette zone, mon regard glissait sur l'apparente pauvreté et délabrement de mon quartier. La pluie n'arrangeait pas le décor, cependant, mon chapeau évitait que les gouttes ne s'infiltrent dans mon col pour glisser sournoisement dans mon dos. Il me restait encore quelques heures avant d'aller au Katzen pour embaucher, j'aurai pu les passer à lire mais j'avais besoin de sortir me dégourdir les jambes.

Faisant abstraction des sons que j'entendais pour ne pas commettre d'impairs, mon esprit sembla glisser vers une autre dimension. Mon père me manquait, sa présence était rassurante, mais il était parti et devait se trouver dans un monde bien plus attrayant que celui-ci. Cette remontée de souvenirs me donna envie de fumer pour trouver un dérivatif. Or en fouillant dans mes poches, je constatais que je n'avais rien pour assouvir mes envies. Une moue se dessina sur mes lèvres et un léger soupir m'échappa. J'enfouis mes mains dans les poches de mon blouson. Je poursuivis ma route, et, oh miracle, une cigarette se présenta à moi. Enfin, pour être plus exacte, je tombais sur un homme fumant tranquillement adossé au mur.

Perdue que j'étais dans mes pensée je n'avais pas remarqué que le pluie s'était arrêtée. Levant la tête, je jeta un regard au ciel qui restait tout de même gris, puis revenant à mon fumeur, je m'approcha discrètement de lui.

- Excusez-moi... Auriez-vous une cigarette et du feu s'il vous plaît?


Ma tête était légèrement penchée et j'observais mon interlocuteur de sous mon couvre-chef. Il était blond et plus pas mal du tout, je poursuivis mon examen de sa personne en attendant sa réponse que j'espérais positive. Ce serait dommage dans le cas contraire. Je restais immobile, semblant à l'aise face à l'inconnu, soutenant son regard, un peu comme s'il se trouvait sur mon territoire. On pouvait se demander ce qu'une jeune femme faisait dans cette partie des bas-quartiers, seule et sans défense. Mais je n'oubliais pas le lieu dans lequel je me trouvais et les différents énergumènes que pouvait cacher une encoignure de porte. Pourtant, il ne me semblait pas dangereux avec son manteau tout rapiécé, cependant se fier aux apparences n'était pas forcément le meilleur moyen pour rester en vie ici-bas.
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Re: Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Sam 3 Oct - 21:04

Niklaus était adossé contre le mur, se laissant aller à la chaleur réconfortante de sa cigarette, lorsqu'il entendit des pas résonnants approcher. Le son répercutait partout, dansant gracieusement contre les parois sombres des immeubles alentour, si tout de fois on pouvait appeler immeubles ces habitations aux logements minuscules. Visiblement la personne qui marchait ne savait pas trop ou aller, elle déambulait, comme lui il y avait quelques minutes. Peut être était-ce une habitante des bas quartiers elle aussi. Niklaus se réprimanda intérieurement, il n'était pas bond de se laisser aller ainsi à penser si on voulait vivre. Il observa , aux aguets, la personne qui s'approcha.
A première vue c'était une femme. Une plutôt jolie d'ailleurs. Un corps gracieux et svelte, un beau visage... Il remarqua que ses cheveux étaient d'une couleur plutôt inhabituelle. Ils tiraient sur le bleu. Bizarre. Mais en même temps il la rendait tellement attirante.
Niklaus secoua la tête. Le mal pouvait se présenter sous toute les formes.


Même sous la forme du silence.


Pensa t-il. Il sentit le poids familier de son pistolet contre son torse. Il avait dut pas mal bosser pour l'avoir celui-là. Déjà parce qu'obtenir un permis pour porter une arme ici est une vraie galère, et ensuite parce que cela coutait hyper chère (l'arme et le permis). Il avait dut donc passer par des secteurs plus... informels. De toutes façon quand on avait pas d'arme, dans son métier on allait pas bien loin. En revanche il avait laissé sa flûte chez lui, cela valait mieux.
Revenant à la femme aux cheveux bleus, il constata qu'elle était toute proche.

"Excusez-moi... Auriez-vous une cigarette et du feu s'il vous plaît?"

Une fumeuse en manque de cigarettes ?

Il n'hésita qu'un seul instant. Il plongea la main dans la poche de son manteau et en sortit un paquet de cigarettes fraichement acheté. Il sortit une et la lui tendit.

Bien sûr ! Tenez.

La femme l'attrapa. Leur mains s'effleurèrent. Il frémit. Il sortit également son briquet et la lui alluma. Puis il se ré adossa tranquillement au mur.


"Vous habitez ici vous aussi ?"

Dit-il en espérant entamer la conversation. Il ponctua sa phrase de son plus beau sourire, du moins le plus beau fut-il capable avec une cigarette dans la bouche.
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Re: Besoin vital

Message par Henrika Hazelbach le Sam 3 Oct - 23:48

Il n'hésita quasiment pas en me fournissant une réponse positive et une cigarette qu'il alluma en parfait gentleman. Ce n'était pas toujours courant dans les bas-quartiers. Notre bref contact physique me laissa une sensation particulière. Cela faisait un certain temps déjà que je n'avais pas eu de compagnon officiel, autre que les simples aventures sans lendemain, même si ces dernières étaient plutôt rares. Et sans compter le Katzen et les extras parmi lesquels je me permettais de faire une sélection. D'un geste élégant, je repoussais un peu mon chapeau pour dégager ma vue et pouvoir profiter pleinement des premières bouffées de nicotine. Quelle agréable sensation...

- Merci beaucoup, déclarais-je avec un grand sourire.

La question suivante me laissa pensive quelques instants. Pouvais-je répondre franchement? Valait mieux prendre ses précautions, peut-être est-il membre d'Azenath et dans ce cas, mon ennemi...

- Oui je suis du quartier, plus vers Hunptstraβe...


Je venais de donner le nom de le rue voisine à celle de mon habitat. Le tout se situait aux abords de la Z-shell, pas très loin du quartier abritant le Katzen. Pourquoi avoir donner cette information? Peut-être à cause du sourire qu'il m'avait offert... Une petite moue tordit le bord de mes lèvres. Il fallait que je me reprenne... Je n'allais tout de même pas tomber sous le charme du premier inconnu qui m'offrait une cigarette. Je n'étais pas sortie pour draguer, à ma connaissance. Je plissais légèrement mes yeux, signe que je jaugeais la situation. Je tirais une nouvelle bouffée avant de poursuivre la conversation.

- Apparement vous aussi vous êtes du quartier d'après vos dires, je me trompe? Vous êtes de quel coin? Et quel est votre métier?


Mes questions pouvaient paraître directes et indiscrètes, mais je lui avais fourni des données à mon sujet et j'aimais bien le principe du « donnant-donnant ». Certes ma réponse était vague mais bon... J'avais un secret à protéger... Sinon, j'avais abordé le sujet du métier par simple curiosité. Autour de nous, les gens se faisaient rares, un rayon de soleil perçait à travers les nuages apportant une touche de luminosité au décor parfois déprimant des bas-quartiers. Mes cheveux, qui n'étaient pas entièrement protégés pas mon chapeau, laissaient s'échapper quelques gouttes sur mon blouson. D'ailleurs j'avais remarqué le regard que l'homme blond avait posé sur ma chevelure, la couleur avait du lui sembler peu orthodoxe. J'avais conservé une des mes mains à l'intérieur de la poche. Parler faisait du bien et m'ôtait de la tête le souvenir de mon père.

Une pensée me traversa l'esprit. Je faisais preuve d'un manque de savoir-vivre en poursuivant la conversation de cette manière, alors, transférant ma cigarette dans ma main gauche, je tendis la droite et lâchais d'une manière désabusée, comme si mes paroles n'avaient aucune importance :

- Au fait, je m'appelle Henrika... Et vous?
ajoutais-je d'une voix calme.

J'attendais de voir la réaction du sieur face à ma poignée de main, car beaucoup de personne était d'accord pour dire que ma poigne était ferme et vigoureuse, chose à laquelle on ne s'attendait pas toujours de la part d'une femme. Généralement, elle avaient une poignée de main légère, inerte voire flasque. Et puis une poignée de main pouvait être très révélateur...
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Re: Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Lun 5 Oct - 22:02

"Oui je suis du quartier, plus vers Hunptstraβe..."

Oué, elle était à la limite des bas-quartiers. Lui y était beaucoup plus enfoncé, beaucoup plus enfoncé dans la drogue, dans l'alcool, dans le trafic... Les bas-quartiers recèlent beaucoup de danger invisibles. Surtout des dangers invisibles.
Son instinct d'enquêteur prit le dessus, et il était assez doué. Pour cette jeune femme il était un parfait inconnu, ou tout du moins juste un type qui lui avait offert une cigarette. Si elle habitait vraiment dans les bas-quartiers, elle n'avait sûrement pas donné son vrai lieu de résidence. La règle de base pour vivre longtemps ici. C'est pour cela qu'il évitait de trop distribuer sa carte, indiquant l'adresse de son bureau, et par conséquent l'endroit ou il vivait. Néanmoins peut-être le domicile de la jeune femme n'était pas très loin de l'adresse qu'elle avait donné.
Son œil aguerri remarqua le léger plissement des yeux de la jeune femme.
Oui, il était très doué.


Bingo ! J'avais raison.


Se dit-il en pensée. Après tout si il disait tout ce qu'il avait deviné... Il perdrait le peu de confiance qu'il avait acquit. Mais au fait pourquoi faisait-il tout ça. Il n'était pas dans une joute.


"Apparemment vous aussi vous êtes du quartier d'après vos dires, je me trompe? Vous êtes de quel coin? Et quel est votre métier?"


En fait peut être que si. Chacun tentait d'en savoir un maximum sur l'autre, son donner trop d'information sur lui même. Technique de base. Deviner si on pouvait accorder sa confiance à son interlocuteur. Les dernières questions de la femme étaient maladroites. Elle tenta immédiatement de se rattraper :

"Au fait, je m'appelle Henrika... Et vous?"


Trop tard. Visiblement elle aussi avait conscience de cette joute. Elle lui tendit la main. Niklaus lui tendit la sienne, ainsi que son plus beau sourire, dissimulant derrière ses yeux rieurs, l'intelligence dont il savait faire preuve. Il savait aussi se montrer calculateur. Et froid.
Il fut surpris de la poignée de main vigoureuse de la jeune femme.


Une habitante des bas-quartiers qui est arrivé à s'affirmer.


Cependant sa poignée de main était vigoureuse certes, mais tendue.

Signe distinctif de quelqu'un qui pense souvent au passé, qui a quelque chose à cacher.


Il le savait car il avait la même, et puis il était habitué à déceler la moindre tension chez les gens. Il était même très bon. Avec suffisamment de temps, il arrivait à lire en eux comme dans un livre ouvert.

Niklaus, je m'appelle Niklaus et je suis un enquêteur privé. Je bosse (et j'habite) également vers Hunptstraβe

Ce n'était pas vrai. Il avait fait exprès de mentir.

Vous habitez depuis longtemps ici ?

Il affichait toujours son plus beau sourire.
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Re: Besoin vital

Message par Henrika Hazelbach le Mer 7 Oct - 23:58

Le dialogue s'était instaurée entre les deux protagonistes. Le jeu des questions-réponses avait débuté, la pêche aux infos... Réussir à cerner la vérité dans les paroles des habitants des bas-quartiers était parfois difficile mais on pouvait à la longue y parvenir. La poignée de main de mon interlocuteur était vigoureuse, dénotant une certaine assurance... Ainsi il se nommait Niklaus, était enquêteur privé, détective en fin de compte, et disait officier et habiter vers Hunptstraβe...

- Tiens c'est étrange, depuis le temps que je vis là-bas, je n'avais pas connaissance d'un... enquêteur privé dans ce coin là... Vous devez être très discret au sujet de votre profession, pas de pignon sur rue... ou alors vous ne dites pas toute la vérité...

Déclarer de tel manière à faire réagir, le tout sur un ton neutre, telle une évidence. Je n'y allais pas de main morte dans mes insinuations. Prêcher le faux pour découvrir le vrai... J'affichais un charmant sourire pour adoucir mes paroles et répondre au sourire de Niklaus. J'habitais depuis deux ans dans mon logement actuel, certes auparavant avec mon père je vivais plus à l'intérieur des bas quartiers... mais j'avais fait le tour des environs de mon appart et je pense qu'un détective ayant ne serait-ce qu'une petite plaque sur le mur n'aurait pas échapper à mon inspection. Après, s'il ne travaillait que grâce au bouche à oreille alors oui, il avait pu passer à travers ma phase de reconnaissance du terrain.

- Quand à votre question, cela fait un temps certain que je vis dans les bas-quartiers... Une vingtaine d'années...


De nouveaux de petits indices lâchés au fil de la conversation. Pourquoi est-ce que je me laissais entraîner dans cette confrontation verbale? Par jeu? Certainement, vu que Niklaus s'était également laissé prendre...
Ma main droite avait retrouvé la sécurité de ma poche de blouson, je continuais de fumer avec la main gauche et bascula mon poids sur la jambe droite. Un oiseau se mit à chanter avec le retour du soleil. Je tournais la tête comme si je voulais jeter un regard autour de moi, et nota d'un oeil distrait l'emplacement du moineau. Mon comportement ne sortait aucunement de l'ordinaire d'un porteur de puce, avec le temps j'avais pris l'habitude de me fondre dans la masse... De la fumée s'échappa de mes lèvres entrouvertes et je reportais mon attention sur le fumeur.

- Cela doit être intéressant comme métier... Vous êtes dans un domaine particulier de recherches? Cela fait-il longtemps que vous êtes en activité?


Mon regard accrocha les yeux marrons du jeune homme. Je tentais de prendre l'ascendant mais il semblait plutôt doué pour retourner la situation à son avantage... Je verrais comment il allait répondre à ses questions qui le touchait de plus près. J'avais l'impression de le soumettre à un interrogatoire, alors qu'il n'avait fait que m'offrir une cigarette... M'intéresserait-il?
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Re: Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Lun 12 Oct - 21:51

Tiens c'est étrange, depuis le temps que je vis là-bas, je n'avais pas connaissance d'un... enquêteur privé dans ce coin là... Vous devez être très discret au sujet de votre profession, pas de pignon sur rue... ou alors vous ne dites pas toute la vérité...

Eh bein ! Elle n'y va pas de main morte dans ses questions !

Elle était relativement agressive. Elle voulait visiblement absolument découvrir qui il était. Une réaction typique des bas-quartiers.
Quand à lui derrière ses yeux rieurs, son esprit était en plein effervescence. Il analysait toutes les possibilités, gardait certaine, mettait de côté les autres. Il était bon.
Peut être était-ce une simple citoyenne comme elle le prétendait. Peut être était-elle une espionne ? Impossible à dire. En tout cas lui ne devait rien laisser transparaitre.


Quand à votre question, cela fait un temps certain que je vis dans les bas-quartiers... Une vingtaine d'années...

Elle n'a toujours pas changer de tactique. Elle compense la brutalité de ses questions en lâchant quelques petits indices sur elle. Je ne pense pas qu'elle mente. De toute façon peut être n'a elle réellement rien à cacher...

C'était dans ses moments la qu'il se sentait bien à l'abri dans les poches de sa veste, et la chaleur réconfortante de sa cigarette l'aidait à se concentrer, elle le réchauffait également car il faisait froid. Le vent s'infiltrait en lui, le gelant de l'intérieur.
Le soleil n'arrangea pas les choses. Il ne diffusait qu'une lueur blafarde, ne perçant que peu les hautes tours, n'illuminant que peu les basses ruelles.
Un oiseau chanta.
Niklaus frissonna. Ne pas se retourner ne rien laisser paraître. Le temps sembla s'arrêter.
La musique, si froide, si belle.
Si mortelle.
Niklaus frissonna de nouveau. Mais ce n'était plus à cause du froid. Une lueur venait de s'allumer dans les yeux de la jeune femme. Imperceptible. Presque imperceptible. L'oiseau continua de chanter. La jeune femme sembla observer ce qui l'entourait.
Une folle hypothèse traversa l'esprit torturé de Niklaus. Et si.... et si elle l'avait entendu ?
Ce pouvait-il que...


Schredder ?

Cela doit être intéressant comme métier... Vous êtes dans un domaine particulier de recherches? Cela fait-il longtemps que vous êtes en activité?


Le plus dur fut de garder un ton détendu, malgré toutes les idées qui lui traversaient l'esprit. Il peina à se rappeler le sujet de leur conversation, de leur joute , perdu qu'il était à tenter de percer l'esprit de cette Henrika.

Et bien en fait, j'évite de trop parader avec ma carte, vous comprenez dans les bas-quartiers... cela m'amène moins de client, mais cela me laisse la vie. Je suis enquêteur depuis... bof ça doit faire une dizaine d'années. Je bosse pas vraiment dans un domaine particulier, le boulot d'enquêteur pouvant aller de la recherche d'un proche disparu à la saisie d'une propriété.
Mais au fait, vous, vous bossez dans quoi ?

Vas-y, dis moi dans quoi tu bosses...
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Re: Besoin vital

Message par Henrika Hazelbach le Jeu 15 Oct - 0:04

L'oiseau continua de chanter pour fêter l'apparition du soleil. Alors que j'avais reporté mon attention sur Niklaus, j'eus l'impression que quelque chose l'avait perturbé mais je ne savais pas quoi... A moins que je ne me sois trahie avec l'oiseau?... Dans ce cas, tant pis, il fallait que je fasse plus attention car peut-être était-il un enquêteur doué, ayant un bon flair... D'après ces dires, il touchait à toutes sorte d'affaires, peut-être enquêtait-il également sur les Schredders... Voilà qu'il abordait la question du métier, je m'y attendais et un sourire énigmatique apparu sur mon visage. Je me penchais légèrement vers lui comme pour lui faire une confidence.

- Entendez-vous Niklaus...


Tandis que je parlais, ma main droite oscilla dans le vide avant de dessiner une ligne droite telle l'électrocardiogramme d'une personne venant de décéder. J'avais penché la tête comme pour écouter un son perçu dans les environs.

- Le silence qui s'est abattu tel une chape de plomb sur la ville?... Nous enfermant dans un monde où nulle mélodie ne peut être entendue?...


Je commençais à esquisser des pas de danse devant lui. Je teintais mon air énigmatique d'une touche d'espièglerie, comme si je retombais en enfance. Mon père me disait que j'avais gardé une partie de mon âme d'enfant, mais face à la dure réalité, cette dernière s'était mise en retrait pour me permettre d'affronter le quotidien. Je remarquais que mes propos frôlaient le discours contestataire. En même temps je m'étais habituée à cette existence et n'allais pas crier sur les toit que cette dictature était à vomir...

- Je travaille dans un lieu où il m'est possible d'accéder au monde de la musique de manière légale sans pour autant être musicienne, mais oeuvrant dans un domaine intimement lié à l'art musical et qui peut être une forme d'expression non verbale... Mon tout est peut-être la réponse que vous me fournirez, monsieur l'enquêteur...

Je terminais ma petite démonstration par une pirouette et une révérence avec chapeau à l'appui pour saluer mon unique spectateur, révérence qui m'amena au plus près de Niklaus. Je lui lançais un regard rieur depuis ma position pour voir s'il avait suivi et quelles étaient ses réactions. Puis je me redressa et recula pour reprendre une distance normale. Je tirais de nouveau sur ma cigarette qui arrivait presque à sa fin, dommage.

Voilà que je parlais par énigme, nouvelle forme dans ce jeu verbal. Pas de réponse franche, juste des morceaux à recoller entre eux, gestes et paroles devant être associés pour trouver la réponse. Comme si je le testais.

- Peut-être avez-vous déjà mis les pieds sur mon lieu de travail, qui sait?...


A vrai dire, les safe-zone se comptent sur le bout des doigts, niveau danse seuls trois lieux à ma connaissance pouvaient correspondre : le Katzen, le Die Apokalypse ou le quartier Herz abritant le centre culturel. Mais sachant que je vis dans les bas-quartiers certaines possibilités pouvaient être écartées. Voilà une dizaine d'années qu'il faisait ce métier, soit il se débrouillait bien, soit il n'était que beau parleur, de mon point de vue... Et puis dans cette partie d'Eisen il fallait savoir déjouer les pièges et voir à travers les mots pour capter l'indice nécessaire... Je continuais à sourire avec une pointe de défi qui devait transparaître dans mon regard.
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Re: Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Mar 20 Oct - 21:40

Il devait bien l'avouer, il fut quelques peu déconcerté par le jeu auquel se livrait cette Henrika. Il ne savait pas si cette femme aux cheveux bleus l'avait percé à jour. Ils s'aventuraient désormais tout deux sur un terrain dangereux. Ils avaient tout deux quelque chose à cacher. Niklaus soupçonnait quelque chose, et elle aussi sans doute. Manger ou être mangé.

Entendez-vous Niklaus...

Et toi, qu'est ce que t'entends ?

Pensa-t-il. Son jeu pouvait, si elle était bien ce qu'il soupçonnait, risqué. Elle jouait le tout pour le tout. A peu brute mais cela marchait pas mal. Il tira une bouffée de sa cigarette et se concentra sur la jeune femme. L'oiseau continuait de chanter. C'était peu être sur ça que tout allait se jouer.

Le silence qui s'est abattu tel une chape de plomb sur la ville?... Nous enfermant dans un monde où nulle mélodie ne peut être entendue?...

On aurait dit un discours contestataire. Mais il était persuadé que ce n'était pas ce qu'elle voulait laisser entendre. Mais que voulait-elle laisser entendre ? Elle commença quelques pas de danse devant lui. Elle était gracieuse, elle se débrouillait bien. Elle était belle. Niklaus se ressaisit. On ne s'éprenait pas de la première personne venue, aussi belle soit-elle, surtout si elle semblait avoir quelque chose à cacher.


Je travaille dans un lieu où il m'est possible d'accéder au monde de la musique de manière légale sans pour autant être musicienne, mais oeuvrant dans un domaine intimement lié à l'art musical et qui peut être une forme d'expression non verbale... Mon tout est peut-être la réponse que vous me fournirez, monsieur l'enquêteur...

Elle conclut son spectacle improvisé en une pirouette qui l'amena tout près de lui. Il n'esquissa pas un geste.
Il remarqua son regard rieur, se foutait-elle de lui ? Ou bien était-ce une part enfantine qui prenait le dessus ? Une part d'elle même considérait-elle cette joute comme un jeu ? Elle s'éloigna de nouveaux et tira elle aussi une bouffée de sa cigarette. Elle arrivait à bout. La sienne aussi. Un signe pour tenter de conclure cette joute ?
Elle parlait par énigme, comme si elle le testait. Comme si elle jouait.


Peut-être avez-vous déjà mis les pieds sur mon lieu de travail, qui sait?...

Ainsi c'était donc une danseuse... Ou une chanteuse. En tout cas elle bossait aux safe-zones, si elle ne mentait pas. Et si elle habitait vraiment les bas-quartiers, il doutait qu'elle aille travailler loin de chez elle. Il n'y avait pas beaucoup de safe-zone. On pouvait écarter le quartier Herz, ainsi que le "die apokalypse", trop loin. Restait le Katzen. Manque de chance, Niklaus ne fréquentait pas les safe-zone.
Il avait la désagréable impression qu'elle se fichait de lui, ou le défiait. Il l'avait lu dans son regard rieur. Il lui sourit aussi.


Sauf que les safe-zone ne s'étendent pas partout. Si tu as entendu ce putain d'oiseau, alors c'est que tu n'as pas besoin des safe-zone pour entendre...


Mais avait-elle entendu cet oiseau. C'était la question qui demeurait. Sa réponse changerait tout.

Alors vous bossez au Katzen ? Pour être honnête, je n'y suis jamais aller. Vous aimez la musique ?
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Re: Besoin vital

Message par Henrika Hazelbach le Ven 23 Oct - 21:47

Il était fort, même très fort... Il restait maître de ses réactions, de ses émotions et de ses réponses. Il conservait son charmant sourire tel un masque occultant ses pensées et lui permettant de cacher ses cartes. Je mettais laisser entraîner par ce jeu verbal, et je sentais que j'en perdais la maîtrise face à mon enquêteur. Je dansais sur le fil du rasoir, un pas de trop dans la mauvaise direction et je tombais dans le vide. Parfois, j'avais envie de hurler au monde entier mon statut de schredder... Chose à ne pas faire dans cette cité si je voulais conserver ma liberté. Je ne pouvais pas lui dire, je venais simplement de le rencontrer et peut-être ne le reverrais-je jamais... Je ne pouvais pas faire confiance au premier venu. Alors non, je n'allais pas lui servir ma vie et ma liberté sur un plateau. De plus, comment pouvais-je savoir qu'il était également drogué et schredder? Mais parfois, c'est si tentant de se confier à un illustre inconnu qu'on ne verra plus, pouvoir parler sans retenue...

Aahh, comme mon père me manquait... Tristesse et mélancolie, je me mordis légèrement les lèvres. Avec lui, je pouvais en discuter, partager... Maintenant, je devais sceller ce secret au plus profond de mon être... Ce qui devient pesant au bout d'un moment. Des fois, je me dis que mon côté joueur allait me pousser à faire un faux pas, et que je me retrouverais entre les mains des sbires d'Azenath, ce que je ne souhaitais pas du tout. J'étais partie loin dans mes pensées, et la mention de l'Ordre me fit légèrement frissonner. Frisson qui pouvait être associé à la baisse des températures vu que le soir approchait à grand pas. Sortant de mon débat intérieur, je posais un regard pensif sur Niklaus, retrouvant un semblant de sérieux. Le blondinet se transformait en un feu attirant mais dangereux, je risquais de m'y brûler, d'y perdre les ailes...

- Et oui, je travaille au Katzen, en tant que danseuse.


Bonne déduction, Sherlock... Ce fut un regard appréciateur que je lui adressais. Nouvelle info que je lui donnais en précisant ma profession, ce qui à mon sens, n'aurait pas d'incidence sur mon existence, mais qui pouvait changer sa vision de moi. Cela m'étonnait presque qu'il ne soit jamais allé au Katzen, j'avais l'impression que chaque habitant des bas-quartiers finissait par y atterrir tôt ou tard. A moins que ma vision des choses soit quelque peu pessimiste...

- Peut-être serez-vous amené à y passer... un jour...


Je conservais une expression neutre, semblant avoir perdu le sourire, le goût du jeu. Une brèche venait d'apparaître sous mes yeux, mon coeur hésitait entre deux options, parler ou se taire, et aucune ne me satisfaisait pleinement. L'enfant était partie pour laisser la place à l'adulte. Je terminai ma cigarette, l'écrasai et laissai échapper la fumée en une longue expiration avant de poursuivre.

- J'aime beaucoup la musique, voilà pourquoi j'ai voulu travailler dans les safe-zones... Cependant, avec les puces, on ne peut pas en profiter hors de ces lieux, pas même le miaulement d'un chat, ou le chant d'un oiseau... Et vous?


Le mensonge habituel vu que j'ai la chance de pouvoir profiter au quotidien des mélodies urbaines et animales, et qui à force d'être répété avait acquis un air de vérité en sortant de ma bouche. Une sorte de regret se faisait entendre derrière mes paroles.

- Parfois je me dis que les schredders ont de la chance, ou alors qu'ils sont maudits, c'est selon les jours... Devoir vivre avec leurs facultés dans notre société ne doit pas être aisé. Cela vous arrive-t-il d'enquêter à leurs sujets pour Azenath? D'ailleurs quel est votre opinion à leur sujet? Êtes-vous pour ou contre eux? Et ne me dites pas que vous êtes neutre, personne ne l'est dans un conflit...

Voilà que je remettais le sujet sur le tapis au risque d'attirer l'attention, de lui mettre la puce à l'oreille. Pourquoi me suis-je arrêter? En temps ordinaire, j'aurais accepter la cigarette et continuer mon chemin.... Maintenant, je lui demandais ses orientations politiques et parlais de conflits. Comme si j'avais trouvé un partenaire auquel je pouvais me confier, faire part de mon désarroi, de mes doutes... La perte de mon père avait fragilisé mes défenses, je m'en rendais compte maintenant. Pourquoi a-t-il fallu que je tombe sur un enquêteur, beau de surcroît? Un petit rire désabusé m'échappa, il fallait que je me reprenne, que j'arrête de distiller des indices sur ma condition et que je quitte cette pente savonneuse avant de faire le pas de trop.
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Re: Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Mer 4 Nov - 22:59

Et oui, je travaille au Katzen, en tant que danseuse.

Niklaus intercepta de justesse son regard. Un regard quelque peu appréciateur. C'était drôle la façon dont tout était écrit dans les yeux des gens. Les yeux... Si peu révélateur pour qui ne savait pas les lire, mais également ouverts, si ouverts pour un œil averti. Et Niklaus aimait à se plonger dans les yeux des gens, se perdre dans l'immensité de leur regard, à essayer de découvrir le moindre petit secret que cachait leur âme. Par jeu.
Par défi.


Peut-être serez-vous amené à y passer... un jour...

Ça y est !

Il l'avait vu. Le changement d'expression de cette jeune femme. Elle avait quitté son amicale expression de façade, pour afficher une mine lasse, torturée, hésitante. Il savait désormais que le dénouement était proche. C'était dans cet état, après avoir perdu le gout de cacher leurs secrets, après avoir perdu le gout de jouer, que les gens étaient les plus vulnérables. Ils voulaient se laisser porter, entre deux options, aucunes ne les satisfaisait. Ils se trahissaient de plus en plus, leur corps était parcouru de tics, sans qu'eux même s'en rendent compte. Niklaus derrière son charmant sourire qui ne l'avait toujours pas quitté, entra dans une sorte d'état second, il se concentra, à la recherche de la moindre faille, de la moindre brèche.
Le moindre secret.


J'aime beaucoup la musique, voilà pourquoi j'ai voulu travailler dans les safe-zones... Cependant, avec les puces, on ne peut pas en profiter hors de ces lieux, pas même le miaulement d'un chat, ou le chant d'un oiseau... Et vous?

Et vous...

Il n'y avait plus ce ton inquisiteur, ce ton joueur, dans cette question. Elle était plate morne. Elle n'y croyait plus. Une espèce de regret sonnait derrière ces paroles, le genre de regret mensonger, le regret auquel on ne croyait pas soi même. Il ne sonnait pas juste.

Parfois je me dis que les schredders ont de la chance, ou alors qu'ils sont maudits, c'est selon les jours... Devoir vivre avec leurs facultés dans notre société ne doit pas être aisé. Cela vous arrive-t-il d'enquêter à leurs sujets pour Azenath? D'ailleurs quel est votre opinion à leur sujet? Êtes-vous pour ou contre eux? Et ne me dites pas que vous êtes neutre, personne ne l'est dans un conflit...

Allons-y... tu vas me révéler tout tes secrets...

Elle voulait se laisser porter. Il suffisait juste qu'il lui imprime une légère poussée, un tout petit quelque chose qui briserait ses défenses pour de bon. Mais il restait un facteur aléatoire, la dernière inconnue de l'équation. La réaction dépendait des gens. Certains fondaient en larmes, d'autres se confiaient tout à coup, d'autres s'enfuyaient en courant... Quelle serait la réaction de cette femme ?

Les schredders... Je ne pense pas que l'on puisse être pour ou contre quelque chose que l'on ne connait pas. Nous ignorons tout du monde dans lequel ils vivent. Ou du moins tel doit être votre cas. Je ne devrais pas vous le dire mais... bon tant pis pour le secret professionnel, après tout, je vous fais confiance. Il arrive que mes enquêtes m'amènent à croiser des schredders, pas pour l'ordre Azenath bien sûr. Et au fil de mes rencontres je pense assez bien arriver à les cerner. A leur manière ils vivent dans un monde de silence. Ne pas pouvoir se confier, vivre dans une crainte permanente. Imaginez-vous ce que cela représente ? Vivre en perpétuelle oppression, vivre seul ? Savez-vous pourquoi je tiens vraiment au secret professionnel en ce qui concerne les schredders ? Beaucoup se sont confiés à moi. Je vous pense quelqu'un de confiance, vous ne me semblez pas être de mèche avec qui que se soit, aussi, je vous parle comme à une amie. Les schredders qui se sont confiés à moi étaient tous des types au bord du suicide, et croyez moi, j'ai évité un bon nombre de morts. Vous imaginez le bien que cela peut faire de ce confier après avoir vécu dans une forme de silence ? Ils hésitent, ils hésitent puis ils agissent. Enfin, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela...

Il affichait toujours son sourire enjôleur et ses yeux rieurs.
Il était aux aguets.
Il guettait la réponse de cette schredders. Car il était désormais sûr que c'en était une. Cette manière de toujours remettre sur le tapis le sujet, cette manière de parler...
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Re: Besoin vital

Message par Henrika Hazelbach le Jeu 19 Nov - 20:00

Immobile… J’étais restée immobile après avoir remis mes mains dans mes poches tandis qu’il répondait au sujet des schredders. Et je dois dire que je ne m‘attendais pas à cette réponse, ni à cette profusion de renseignements. Un sourire malicieux se peignit sur mes lèvres. Me faire confiance, il était drôle…. Faire confiance au premier venu pouvait signer son arrêt de mort… De plus il tentait de me faire parler, je m’en rendis compte quand il avoua avoir rencontrer nombre de mes semblables et les avoir aider à se sortir d’une mauvaise passe… Tel un habile manipulateur, il se montrait à moi comme un confident, qui saurait garder mon secret si je lui révélais… Or jusqu’à présent, je m’étais débrouillée seule, et je ne tenais pas à être dépendante d’autrui.

J’avais repris en grande partie mon self-contrôle. Je m’avançais vers lui d’un pas félin et me pencha à son oreille, presque joue contre joue. Pour cela je dus me hausser un peu sur la pointe des pieds, il faisait tout de même une bonne tête de plus que moi.

- Faites attention Sherlock, déclarais-je dans un murmure. C’est très louable de votre part de me faire confiance, de jouer la carte de l’amitié, cependant rien ne vous prouve que je ne suis pas du côté d’Azenath… Vous avez brisé le secret professionnel à mon attention… Vous êtes une proie de choix pour traquer les schredders avec vos connaissances à leur sujet. Vous semblez quelqu’un de résistant, mais la torture vous déliera la langue à coût sûr si vous êtes pris…

Ceci n’était que supposition, je ne savais rien quant au sort réservé aux schredders capturés, ni sur la résistance de Niklaus. Mes paroles sonnèrent comme une mise en garde, voire une menace. Le chat et la souris…Les rôles s’étaient inversés l’espace d’un instant. Je me détachais de lui sans pour autant reculer et le regarda droit dans les yeux, un petit sourire flottant sur mon visage. Ce n’était peut-être pas ce à quoi il s’attendait, mais je pouvais parfois avoir des réactions inattendues.

- Néanmoins vous avez raison, je ne suis du côté de personne sinon vous seriez déjà pieds et poings liés en route pour les centres d’Azenath… Tout de même prenez garde aux acteurs, et aux jolis minois qui croiseront votre route. A essayer de percer les secrets d’autrui, c’est peut-être le vôtre qu’ils découvriront… D’ailleurs, après ce que vous venez de me révéler je pourrais très bien vendre la mèche à l’Ordre… Je me tus quelques secondes, continuant de scruter son regard. Vous pensez parvenir à cerner assez bien les schredders, tels sont vos mots… Mais vous ne pourrez jamais les comprendre vraiment à moins d’être un des leurs…

Je laissai de nouveau planer le silence avant de me pencher à nouveau à son oreille.

- Vous m’avez confié une part de vous en me faisant confiance... Sachez qu'il est fort possible que le chant des oiseaux ne me soit pas étranger même à l’heure actuelle… Cette simple phrase lie mon destin au vôtre, Niklaus. A vous de déterminer si oui ou non je suis une Schredder ou simplement quelqu’un qui se joue de vous... Ou encore une Monarch…


Je laissai mon souffle chaud lui caresser le cou, puis redescendit sur terre. Attendant de voir sa réaction… Allait-il affirmer ouvertement qu'elle était schredder, allait-il la repousser en prenant conscience qu'elle était peut-être un instrument du Pouvoir en place... Lui révéler mon statut à mots couverts n'était pas prudent... Mais lui aussi cachait un secret. A découvrir lequel... Serait-il un opposant à Azenath? Un Schredder? Un Monarch?... A voir...
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Re: Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Ven 20 Nov - 23:18

Niklaus était plutôt satisfait lorsque cette Henrika se ressaisit. Il était même content. Il l'avait perturbé. Il le savait. Profondément perturbé. Et pour son œil avertit, cette réponse et les tics qui l'accompagnaient voulaient tout dire. Il l'avait percé à jour. Le tout était maintenant de se retirer prudemment. Peut être était il lui aussi à découvert. Il n'en savait rien. Cette femme était forte. Elle ne se laissait pas facilement intimidée. Pas facilement manipulée.

Faites attention Sherlock...C’est très louable de votre part de me faire confiance, de jouer la carte de l’amitié, cependant rien ne vous prouve que je ne suis pas du côté d’Azenath… Vous avez brisé le secret professionnel à mon attention… Vous êtes une proie de choix pour traquer les schredders avec vos connaissances à leur sujet. Vous semblez quelqu’un de résistant, mais la torture vous déliera la langue à coût sûr si vous êtes pris…

La torture ? Les schredders pris disparaissent tout simplement madame. C'est sans doute pour cela qu'ils sont autant sur la défensive...

Néanmoins vous avez raison, je ne suis du côté de personne sinon vous seriez déjà pieds et poings liés en route pour les centres d’Azenath… Tout de même prenez garde aux acteurs, et aux jolis minois qui croiseront votre route. A essayer de percer les secrets d’autrui, c’est peut-être le vôtre qu’ils découvriront… D’ailleurs, après ce que vous venez de me révéler je pourrais très bien vendre la mèche à l’Ordre…

Et que vous ai-je révélé charmante dame ? La violation du secret professionnel est passible de prison. Pas de torture... Quand aux preuves... Vous ne feriez tout de même pas confiance au premier inconnu qui se présente à vous ?

Vous pensez parvenir à cerner assez bien les schredders, tels sont vos mots… Mais vous ne pourrez jamais les comprendre vraiment à moins d’être un des leurs…

Mon boulot n'est pas de les comprendre. Après tout vous avez raison. Leur vie est entre mes mains. Je pourrai parfaitement les livrer à l'Ordre...

Vous m’avez confié une part de vous en me faisant confiance... Sachez qu'il est fort possible que le chant des oiseaux ne me soit pas étranger même à l’heure actuelle… Cette simple phrase lie mon destin au vôtre, Niklaus. A vous de déterminer si oui ou non je suis une Schredder ou simplement quelqu’un qui se joue de vous... Ou encore une Monarch…

Niklaus se laissa caresser par le souffle chaud de cette femme. Chaud. Réconfortant. Nullement craintif ou effrayé. Mais quelques peu tendu.

Se jouer de moi hein ?...

Il laissait le silence perdurer, les interrogations de cette femmes avec. Car il était désormais sûr, la notion de silence existait pour cette femme. Et par opposition, la notion de bruit. Il avait délibérément répondu de la même façon que cette Henrika, par des réponses courtes, délibérément évasives. Il tira une bouffée de sa cigarette et tendit sa main vers le soleil, puis il reprit d'un ton rêveur :

Après tout peut être qu'ils se jouent tous de nous. Azenath... et les autres... Nous jouons tous un jeu malgré nous. Nous jouons tous un unique rôle. Et nous devons nous y conformer. Et vous madame ? Quel rôle jouez-vous ? Le premier rôle ? Prenez garde... il risque d'y avoir beaucoup de texte. Beaucoup de choix.

Un demi sourire étirait désormais ces lèvres. Il était convaincu que sous ses airs sévères et austères, cette femme était digne de sa confiance. Étrange quand même. Il s'était arrêté. Avait croisé une inconnue. Lui avait parlé. Les schredders se ressentaient-ils ? S'attiraient-ils ? Une sorte d'aura se dégageait-elle d'eux ? Autant de questions sans réponses. Il arrivait à bout de sa cigarette. Cette femme était attirante. Il voulait, il devait, en savoir plus. La nuit commençait à tomber. La nuit froide et glacée de l'hiver commençait a étirer ses bras de pénombre sur une ville déjà sombre. Il reprit d'un ton plus rationnel, et recouvra son masque de cynisme.


Je ne vous propose pas de vous raccompagner j'imagine ? Vous seriez bien embêté si je bossais pour Azenath non ? Mais que diriez vous si je vous invitais à diner. Je connais pas mal de restos dans le coin. Pas de la très grande qualité évidemment mais c'est pas trop mauvais... Qu'en dites-vous ? Peut être ne voulez-vous pas de la compagnie d'un membre de l'Ordre ?
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Re: Besoin vital

Message par Henrika Hazelbach le Mer 9 Déc - 0:06

[désolée pour l'attente, en ce moment pas trop de temps...]

- Et vous, qu'en savez-vous du sort réservé aux schredders capturés ? lançai-je comme une pique. A moins que vous ne soyez un sbire d’Azenath ?...

En dépit de cette perspective, je conservais un calme relatif. Mais si c’était un membre d’Azenath alors il s’amusait à jouer avec mes nerfs. A moins qu’il ne cherchait à m’utiliser pour atteindre d’autres schredders. A vrai dire, à ma connaissance je ne côtoyais aucun schredder… En même temps ils n’allaient pas me révéler leur statut dès la première rencontre, pas comme je venais de faire avec monsieur.
Au fil de la conversation, Niklaus m’opposait des arguments parfaitement valables. Cela pimentait notre discussion pour ainsi dire. Un fin sourire étira mes lèvres.

- Personnellement je ne me fierai pas aux paroles du premier inconnu rencontré. Mais si je travaillais pour l’Ordre, je creuserai pour connaître l’identité des schredders que vous avez rencontrés, quitte à prendre mes renseignements à la source, c’est-à-dire vous, de manière brutale s’il le fallait…

Je me tus de nouveau. Nous laissâmes tous les deux planer un silence, uniquement troublé par les mélopées urbaines. Finalement, il poursuivit d'un ton rêveur. Je souris largement quand il mentionna les rôles et le jeu.

- Oui, nous avons tous un rôle à jouer... Nous ne sommes que des patins entre les mains du destin... Cependant, il arrive que nous dérogions au schéma pré-établi... ajoutai-je dans un murmure. En tout cas, ça m'étonnerait que j'interprète le premier rôle... Je suis plutôt du style à jouer dans l'ombre à vrai dire...

Cette histoire de premier rôle me fit bien rire. Il était marrant Niklaus. Moi, incarner un premier rôle? Non mais vraiment, je ne me voyais pas du tout sur le devant de la scène... Une bourrasque de vent vint nous envelopper de son souffle glacial. Je resserrai les pans de mon blouson, et levai un regard interrogatif en entendant les dernières paroles de l'enquêteur.

- C'est sûr je serai bien embêtée d'indiquer mon domicile à un membre de l'Ordre. Quand à votre invitation au resto... Je pris le temps de réfléchir avant de donner ma réponse. Et bien j'accepte... Et puis votre compagnie ne m'a pas été désagréable jusqu'à présent donc je ne vois pas ce qui pourrait m'empêcher d'accepter.

Je lui adressai un sourire légèrement charmeur... Cependant il m'invitait alors qu'on venait seulement de se rencontrer... Soit c'était par simple galanterie, soit il avait quelque chose derrière la tête. Mais bon, ce n'était pas parce que j'acceptais que je mettais en sourdine ma méfiance, même si au fil de la conversation, j'avais plutôt une opinion favorable à son sujet.

- Je vous laisse le choix de l'enseigne... déclarai-je d'un ton amical.

Je n'avais pas de préférence particulière niveau restaurant, aimant tous les styles. A lui de décider du lieu et de me faire ainsi découvrir les goûts culinaires du quartier...
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Re: Besoin vital

Message par Niklaus Wenzeslaus le Jeu 17 Déc - 22:30

[idem, désolé pour ce temps de réponse !]

C'est sûr je serai bien embêtée d'indiquer mon domicile à un membre de l'Ordre. Quand à votre invitation au resto... Et bien j'accepte... Et puis votre compagnie ne m'a pas été désagréable jusqu'à présent donc je ne vois pas ce qui pourrait m'empêcher d'accepter.


Niklaus lui rendit un sourire très large avant de s'incliner, à la fois par moquerie mais également par galanterie. Henrika semblait amusé, tant mieux, il s'amusait lui aussi, et puis il aimait bien cette femme. Non seulement belle, mais relativement intelligente, puisqu'elle avait failli le piéger bon nombre de fois.
Mais il aimait cela. Voilà longtemps longtemps qu'il n'avait pas rencontré quelqu'un capable de le mettre à l'épreuve en matière de déductions.


En ce cas, si vous me laissez le choix de l'enseigne... Et bien allons-y.

A la fois par galanterie et par jeu, Niklaus offrit son bras à cette charmante Henrika, elle sembla marquer un temps d'arrêt, puis ils s'enfoncèrent dans ce dédale de ruelles...
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